La Détox ultime par la naturopathie et par la littérature.

Quand la santé revient enfin, il faut le dire et même le crier!

Érasme et la médecine

Messagede Sophocle » Sam 27 Juil 2019 19:51

Au cours de mes recherches sur les classiques, il me semblait que les grands auteurs du moyen-âge se plaignaient de leurs médecins alors que dans leurs lectures, ces grands auteurs du moyen-âge semblaient s'étonner que les grands auteurs de l'antiquité ne se plaignaient pas de leurs médecins. J'ai trouvé un exemple explicite en la personne d'Érasme, voir le paragraphe C (Érasme et la médecine) du texte suivant.
On y retrouve :
    le rappel à la prévention antique,
    l'abandon de la médecine médiévale à la fatalité,
    l'interdiction des poisons sous l'antiquité,
    l'indifférence des dirigeants médiévaux,
    la démission des médecins contemporains d'Érasme,
    les symptômes trompeurs et le médecin trompé,
    l'absence d'apologie de la médecine sous l'antiquité.
Rien de bien nouveau... [img]kator/smiley102.gif[/img]


Source : Ce texte est le résumé de la conférence donnée en Mai 1998 à Bruges, par Christine Bluard de l’Université libre de Bruxelles, pour la F.M.C. Pierre II d’Aragon, sous la direction du Docteur G. Guiraud. Bulletin 29 du "Centre d'étude et d'histoire de la médecine de Toulouse"
ERASME ET LA MEDECINE

    Si le XVIème siècle voit le développement de l'anatomie, les progrès de la chirurgie, l'invention de l'imprimerie et l'ouverture de la vieille Europe sur le monde, il est aussi le siècle de l'Humanisme. Là où la Renaissance voyait en l'homme l'être parfait qu’elle plaçait au centre de toutes démarches pédagogiques, scientifiques et artistiques, le discours humaniste reconnaît à l'homme le droit à l'imperfection pour autant qu'il cherche à y remédier par l'éducation et la raison.

  1. Le mythe européen
      Comme s'il cherchait à conjurer une naissance scandaleuse, le plus célèbre des humanistes se fit appeler Desiderius Erasmus, double patronymes latin et grec, qui signifient l’Aimé Aimé, car il est né bâtard, fils naturel d'un prêtre de Gouda et d'une jeune paroissienne. Sa vie durant, Erasme (1467-1536) luttera contre son destin. Il renie très tôt ses origines modestes et se démarque par sa vivacité d'esprit et sa volonté d'apprendre. A la mort de ses parents, emportés par la peste en 1484, ses tuteurs lui imposent le monastère. Il n'accepte la vie de claustrât et ne prononce les voeux de moine que pour mieux se consacrer aux études. A 25 ans il est ordonné prêtre et entre au service de l'Évêque de Cambrai. A compter de ce jour, Erasme se met à voyager. Cette existence nomade fait de lui un apatride ou ... un européen avant l'heure. Le bâtard a désormais trouvé ses racines dans l'étude et l'écriture. Selon lui, elles doivent conduire à l'érudition mais aussi à l'épanouissement de l'homme en tant qu'individu. Il voulait que la connaissance soit accessible à tous dans le but de former des esprits libres et critiques - « On ne naît point homme - disait-il - on le devient. »
      L'humanisme est pour lui une philosophie de vie. Il croit en l'homme tout en intégrant ses imperfections. Erasme est un esprit curieux. Il est moine mais aussi moraliste et critique sévèrement, non pas la religion, mais ceux qui la pratiquent. Il mène de front les carrières d'éditeur, de traducteur, de commentateur et d'auteur. Il est poète autant que prosateur. Paris, Bruxelles, Rome et Londres surtout, le mettent en contact avec les grands penseurs de son temps. Partout où il réside Erasme écrit. Son verbe est vif, caractérisé par une ironie intelligente et acerbe. Il manie la dialectique avec brio et se joue des contradictions. Dans son oeuvre majeure, l'Éloge, tel qu'il le conçoit révèle une part de critiques et la Folie n'apparaît jamais comme une tare. La Folie se fait le porte-parole d'Erasme et à travers lui de tous les humanistes. Elle dresse sans complaisance le procès des cuistres, des bigots et des intolérants. Ce n'est pas un hasard si la Folie se fait ici le chantre de la sagesse comme dans l’œuvre de Rabelais.

  2. L'Eloge de la médecine
      L'histoire se souvient de l'Éloge de la Folie, mais ignore souvent cet éloge que, dix ans plus tôt, Erasme fit de la médecine sous le titre Encomium artis medicae. Ce texte, comme l'Encomium matrimonii (Éloge du mariage) est à ranger parmi les « declamationes » érasmiennes et appartient à un genre littéraire cher à l'humanisme. Ces textes visent l'enseignement des lettres ou encore la morale. C'est un exercice de style. Il s'agit pour l'auteur de défendre, par la rhétorique, un point de vue qui parfois est le sien mais qui peut aussi bien lui être étranger. Seul le « déclamateur » s'implique en le lisant, « l'auteur » reste en retrait. C'est ainsi qu'il faut aborder l'Eloge de la médecine. Le texte fut probablement commandité en 1499 par un certain Ghysbertus1 , médecin et chirurgien de Charles-Quint et destiné à être lu aux étudiants lors de sa leçon inaugurale en Faculté de médecine à l'Université de Paris. Erasme était-il un « nègre » ? Sans doute, si on considère ce texte avec notre acception du mot « auteur » mais certes pas pour le Prince des humanistes, à une époque et dans un contexte où la notion de droit d'auteur est absente. Il est alors normal pour un érudit, maniant la langue avec facilité d'écrire pour d'autres dans un but d'éducation et d'enseignement. Toute la scolastique repose sur ce principe fondamental.
      L’Eloge de la médecine n'avait jamais fait l'objet d'une publication en titre, mais était toujours présenté en complément d'autres oeuvres rhétoriques d'Érasme. Cette absence est aujourd'hui comblée, car les éditions Labor viennent de publier une traduction française magistralement orchestrée et commentée par J. P. Vanden Branden et Alexandre Vanaugaerden, respectivement Conservateur honoraire et actuel Conservateur de la Maison Erasme d'Anderlecht.
  3. Erasme et la médecine
      Dans son Éloge, Erasme dresse un portrait élogieux du médecin, mais c’est le praticien de l'antiquité qu'il magnifie et l'on sent poindre une note critique à l'égard du praticien de son temps. En cette fin du XVème siècle, la médecine est encore largement empirique, empreinte de religiosité et de magie. Erasme au contraire invite la jeunesse à suivre les traces d'Hippocrate et de Galien.
      La Renaissance signe en effet la découverte des textes antiques, et Erasme fait ici oeuvre de traducteur et de commentateur. On sent poindre en filigrane le regret d'un temps révolu où l'écoute du patient et l'hygiène avaient un sens. D'entrée de jeu, Erasme rapporte que - « Le principal éloge que mérite la médecine est tout d'abord qu’elle n'a absolument besoin d'aucune apologie, car elle se recommande suffisamment d'elle-même aux mortels par son utilité et sa nécessité ». Elle fut jugée si admirable que ses inventeurs en sont considérés à l'égal des dieux. De son côté, la maladie est personnifiée par Erasme sous les traits d'un être retors. - « Ses symptômes - nous dit-il - sont souvent trompeurs. [...] C'est comme si les maux agissaient envers le médecin comme un ennemi pour le tromper et lui en imposer ». Erasme en profite pour critiquer la démission de ses contemporains qui, face à la maladie, s'en remettent à la fatalité divine : - « Ce que nous affirmons d'abord être le propre de Dieu seul, les Anciens ne le refusaient pas non plus à la science des médecins. [...]- « Car, si donner la vie est une prérogative propre à Dieu, il sied de reconnaître comme presque divin le fait de protéger la vie donnée et de la sauver quant elle risque d'être ôtée et de s'échapper ». Les exemples qu'Erasme choisit pour étayer son apologie de la médecine, sont tous issus des sources antiques. Il considère les faits mythiques comme les données historiques, il s'inspire des écrits de Platon et de l'Histoire Naturelle de Pline.
      A travers son texte, Erasme défend aussi les grands principes de prophylaxie déjà présents dans l'Antiquité et les adapte. N'est-il pas plus profitable en effet de prévenir le mal que de le guérir? Il regrette le temps béni où - « Le législateur réglait la construction des bains et des gymnases publics, qu’il chassait les maladies contagieuses par la reconstruction des maisons et l'assèchement des marais, qu'il veillait à ce qu'on ne vendît pas des aliments ou des boissons nuisibles à la santé ». Et Erasme de poursuivre : - « mais aujourd'hui les dirigeants sont d'avis que cela ne les concerne pas ou pour ainsi dire pas, si l'on vent du poison pour du vin, si tant de maladies sont introduites parmi la population par du froment gâté ou du poisson pourri ». Il réconcilie aussi l'âme et le corps. Pour que le malade tire tout bénéfice de l'aide du médecin, il doit d'abord libérer son esprit des impuretés et des vices et, à l'inverse, - « une mauvaise constitution physique entraîne beaucoup de gens dans le péché pour ainsi dire sans le vouloir et malgré leur résistance. De même que les défauts de l'âme retentissent sur le corps, de même les maladies du corps entravent la vigueur de l'âme ; et il convient donc d’y remédier dans la mesure du possible. Cela explique que les grands de ce monde se sont toujours entourés de l'aide des médecins et que : - « Si Caligula avait eu un médecin digne de confiance, il n'aurait pas agi en fou ». Erasme insiste aussi sur l'importance de la relation médecin/patient, sur cette confiance qui selon lui sauve le malade . Et Erasme de poursuivre : - « La hantise de la maladie ajoute beaucoup au mal, mais aussi. - autant j'approuve qu'on recoure aux médecins, autant je n'approuve pas qu'on s'y abandonne ».

      Cette dimension psychologique qu'il ajoute à l'art de guérir illustre, si besoin est, toute la modernité de la pensée d'Erasme.
      Erasme conclue son texte en disant que s'il existe de bons médecins il en est de moins bons mais qu'en aucun cas la médecine ne doit avoir à souffrir de leurs erreurs. Dans l'Éloge de la Folie, Erasme reprendra cette dichotomie entre le bon médecin soucieux de son art et le mauvais, qui à défaut de soulager, impressionne son malade à coup de citations latines, justifiant à elles seules des honoraires exorbitants ! Il encourage donc les jeunes étudiants à embrasser la carrière de médecin en y mettant tout leur coeur, de consacrer toutes leurs forces à cette science qui procure honneur, gloire, prestige et richesse afin de rendre des services plus que communs, aux amis, à la patrie et à toute l'humanité.

      Lorsqu'il écrit l'Éloge de la médecine, Erasme a juste trente ans. S'agit- il d'un hommage à la profession médicale ? Pas vraiment, c'est un écrit de jeunesse et une oeuvre de commande, il ne la signe pas. Le texte est ampoulé et trouve son inspiration, humanisme oblige, dans l'Antiquité grecque. Lorsqu'il édite L'Éloge en 1518, Erasme a 51 ans; c'est un auteur connu et reconnu qui cette fois signe son texte sans même le revoir. Est-ce à dire qu'il ne renie pas l'éloge qu'il fait du médecin. Sans doute, même si sa santé fragile lui a pourtant donné plus d'une fois l'occasion d'en douter. Mais rappelons que c'est le médecin antique qu'Erasme défend. Il reprendra 1'Éloge de la médecine une troisième et dernière fois en 1529 et c'est cette dernière version qui est généralement publiée.

      Erasme de Rotterdam échappe à toutes les tentatives de classements. C'est un individualiste, un moraliste jamais moralisateur, lui qui manie l'ironie avec un brio extraordinaire. Son discours pousse l'art de la polémique à son paroxysme. Son oeuvre eut une portée universelle et dépasse de très loin son époque. Il eut le talent de remettre l'homme à sa juste place, ni plus, ni moins. Une belle leçon d'humanité !

  4. Les Maladies du Monde
      Au XVIème siècle, les maladies d'origine épidémique sont légions, d'autres apparaissent dans le sillage des découvertes du Nouveau Monde. On les redoute d'autant qu'on ne les comprend pas. La religion s'empare du phénomène et en profite pour stigmatiser les parias. L'histoire nous apprend que face aux maladies nouvelles, la réaction de l'homme est trop souvent identique, la peur l'emporte sur la raison.

      La découverte du Nouveau Monde s'est traduite en Europe par l'apparition de maladies jusqu'alors inconnues dont le fameux « Mal de Naples » (les premiers cas de syphilis ont été recensés parmi les soldats français qui participaient au siège de Naples). La syphilis gagnera bien vite les contrées voisines et en 1502, un vingtième de la population européenne semble touché. Les autorités publiques imposent des mesures draconiennes visant à éradiquer le mal. Les malades sont traités à l'égal des pestiférés. L'Église impose aux jeunes couples une visite médiale prénuptiale ce qui jette la suspicion dans les foyers. A cela Erasme répond : - « Le prêtre fait en sorte que les hommes se détournent de leurs vices, mais le médecin fait en sorte qu'ils soient en état de se détourner ».
      L'histoire d'Erasme est aussi celle de ses maladies, multiples et polymorphes. Dans sa correspondance, il insiste sur les mesures élémentaires d'hygiène. La peste qui avait emporté ses parents faisait encore des ravages et Erasme s'inquiète de l'apparition de maladies nouvelles : - « L'antiquité a dénombré trois cents espèces de maladies, des espèces nouvelles et inconnues s'y sont ajoutées et s'y ajoutent jour après jour, comme si elles menaient la guerre du fond de leur tranchées contre l'art médical ». Il évoque ici la peur de la syphilis.

      Erasme craignait les femmes et on le disait homosexuel. Dans un de ses Colloques, il relate l'entretien d'un jeune homme et d'une prostituée : - « Si tu n'as pas encore attrapé la syphilis, tu n'y échapperas plus longtemps. Si tu l'attrapes, tu seras la créature la plus pitoyable, même si tes affaires sont prospères, même si tu obtiens richesse et renommée. Que seras-tu, sinon un cadavre ambulant ? ».
      Pendant des siècles, on soignera la syphilis à coup de mercure, mais ce remède entraînait plus de dégâts que la maladie elle-même.
      A côté de la peste, de la syphilis, de la suette, du choléra, les fièvres d'origine paludéennes déciment aussi les populations des zones marécageuses. Erasme craint la puanteur et les miasmes. Dans sa correspondance, il n'hésite pas à décrire ses propres maux et se plaint de fièvres récidivantes qui semblent correspondre à des accès de malaria ; il parle de coliques néphrétiques, d'expulsions répétées de calculs, de diarrhées aiguës, de troubles intestinaux en tout genre. Ce nomade ne connaît que trop bien la crasse des grands chemins et la propreté douteuse des auberges. Il rapporte : - « Je sais par expérience combien il est plus facile d'éviter une maladie que de la chasser » et encore - « Fuis tant que tu pourras la saleté de la foule, vis sobrement ». Il proclamait haut et fort le danger des maladies vénériennes, conseillait de boire et de manger dans de la vaisselle propre. Il rappelait à l'occasion aux jeunes mères, que pas une nourrice, fut-elle dodue, ne pouvait remplacer leur lait maternel. Les considérations d'Érasme sur la prévention sont résolument modernes, la prophylaxie fut son cheval de bataille. Il attachait beaucoup d'importance à la santé, lui qui était de faible constitution et conseillait la sobriété pour éviter la torpeur de l'esprit. Pourtant, plus encore que la médecine de son temps, c'est l'art de guérir des anciens qui le motive. Il traduit et diffuse les écrits de Celse, de Galien et regrette l'âge d'or d'Hippocrate. Selon lui, dans l'Antiquité le corps était entretenu et traité avec respect, l'hygiène avait sa raison d'être et la crasse, loin d'être sanctifiée1 , était bannie des traités de médecine.

  5. Erasme et ses maux
      Erasme n'hésite pas à décrire son état de santé et les maladies qui l'affectent. Le langage est précis et les descriptions détaillées. Du côté de l'esprit, on lui prête des tendances paranoïaques, voire schizophrènes. Erasme eut à souffrir d'une santé fragile, il le déplore. Il est à l'écoute de son corps mais le traite sans ménagement. La maladie semble l'obséder et il en parle comme pour rnieux l'exorciser.
      S'il eut à souffrir de tous ces maux, Erasme n'en meurt pas moins septuagénaire ce qui, pour l'époque et compte tenu de sa vie tourmentée, restait exceptionnel. Était-il un hypocondriaque, un malade imaginaire ? La réponse est sans doute à nuancer.
      Dans les lettres qu'il adresse à ses amis, Erasme raconte son corps et ses dysfonctionnements. C'est moins par goût du morbide que dans un esprit scientifique. L'humaniste s'expose au grand jour. Il ne le fait pas par complaisance mais cherche à vaincre son angoisse face à la maladie qui l'accable. En décrivant ses maux, sans doute espère-t-il obtenir des conseils avisés.
  6. Erasme et la peste
      En octobre 1518, lors d'un voyage de Bâle à Louvain, Erasme déclare les premiers symptômes de ce qu'il croit être la peste. Il raconte l'évolution de sa maladie à son ami Beatus Rhenatus.

      Prends livraison, mon Beatus, de toute la tragi-comédie de mon voyage. Faible encore et assez languissant comme tu sais, je quittais Bâle [..], j'étais pris de fièvres [..]. Vers le soir on nous débarque dans un hameau d'aspect glacial. [..]. Là j'ai frôlé la mort : nous avons dîné dans une salle de chauffe exiguë, à plus de 60 personnes, je crois, un ramassis de toutes sortes de gens, et cela jusqu'à près de l0h00. Ô quelle puanteur, quel bruit, surtout quant ils se furent échauffés au vin. Erasme passe par Cologne où sévissaient plusieurs foyers de peste et gagne Aix-La- Chapelle:
      [...]. Pendant ce temps, commence à se faire sentir chez moi un assez fort malaise gastrique. Je me rend aux toilettes et je vais à selle. L’estomac n'étant pas encore soulagé, j'introduis à deux reprises un doigt dans le gosier. [..], gagnant le lit après ce vomissement, je me repose plus que je ne dors [..], mon corps à jeun se mit à grelotter prodigieusement au contact de l'air nocturne. A ce moment déjà, j'étais si atteint qu'il aurait mieux valu me réchauffer au lit que de me trouver sur un cheval. [..].Au bout de deux jours de chevauchée, l'ulcère que j'avais en dessous la hanche gauche s'est légèrement enflammé, [..], vu que c'est avec cette partie-là que j'appuyais sur le cheval, la lésion s'est aggravée au point que toute la région s'enflamma. La lésion à l'aine gauche augmenta légèrement de volume [..].

      Éruption cutanée, abcès multiples et inflammation des ganglions, tous ces symptômes invitent à diagnostiquer la peste. Pourtant, si notre humaniste eut à souffrir de la peste, il s'agissait alors d'une forme mineure et atténuée de la maladie voire des symptômes d'une autre maladie infectieuse comme la syphilis.

    Erasme et la syphilis
      De son côté, la « syphilis » d'Erasme fit, en son temps, couler beaucoup d'encre. En juin 1928, la découverte présumée de son squelette sous la nef de la cathédrale de Münster a déchaîné les passions. A. Werthemann, professeur d'anatomie pathologique à la Faculté de médecine de Bâle s'intéressa aux restes osseux et montra que le tibia et le fémur gauches qui étaient trop courts, respectivement de 5 et de 8 mm, présentaient en outre des proliférations osseuses dures et poreuses de plusieurs centimètres de long. En colorant les os décalcifiés, Werthemann chercha à démontrer que ces néoformations osseuses résultaient d'une réaction périostée qu'il a attribué à une syphilis osseuse. Il s'en est suivit un débat sur l'origine vénérienne ou non vénérienne d'une tréponématose car, à côté de la syphilis, il existait, à l'époque, des tréponématoses non vénériennes telles que le pian, le béjel ou la pinta. Le diagnostic a posteriori des anomalies osseuses sur un squelette aussi ancien est aléatoire et il est impossible de distinguer les lésions dues à la syphilis, au pian ou à la syphilis endémique1 . Le débat sur l'origine vénérienne ou non de la maladie d'Erasme s'éteint en 1974 lorsqu'on découvre un second squelette, dans un autre caveau sous la nef de la cathédrale et qui, preuves matérielles à l'appui, fut également attribué au grand humaniste. Le corps ne présentait en revanche aucun symptôme d'une maladie osseuse. L'étude de Werthemann n'est pas à négliger pour autant mais s'agissant d'un inconnu, son diagnostic ne présentait alors plus aucun intérêt médiatique et tomba dans l'oubli.
  7. Et la goutte...
      Erasme était-il ou non atteint de goutte. Oui, si l'on en croit le diagnostic de son médecin et les déformations qui apparaissent sur les tableaux d'Holbein et de Dürer. Non, si on se reporte à l'examen du squelette présumé d'Erasme et si l'on considère la diète et les régime draconiens qu'il s'imposait. Ils sont en complète contradiction avec la goutte qui est une maladie qui touche plutôt les bons vivants. La goutte était alors une maladie métaphorique à forte connotation négative qui stigmatisait la paresse et la gloutonnerie2 . On est bien loin du profil d'Erasme. Lui-même disait qu'il souffrait : - «d'une douleur qui ressemble à la goutte mais que certains prétendent différente... ».
      Erasme observait - « la goutte du pied, de la main et du corps en général me tourmente sans discontinuer, attaquant tous mes membres l'un après l'autre ». Les traces littéraires de sa maladie nous sont également fournies par l'importante correspondance qu'Erasme a accumulé au cours de ses voyages. Ainsi, en avril 1534, son affection paraît chronique: « une terrible maladie a envahi le côté gauche de ma tête, de mes épaules, de mes bras [...]. Je n'ai pu quitter la maison depuis six mois. La torture est en train de se propager dans mon corps tout entier; elle est réfractaire à toute médecine et s'aggrave chaque jour » ajoute-t-il en août 1534. « La goutte martyrise mes mains, mes pieds et j'ajouterais, toutes mes articulations et tout mon corps ».
      Sans souci de les différencier, toutes les formes de rhumatismes étaient alors classées sous l'appellation générale de « goutte ». il est bon dès lors, de s'interroger, à la lumière de nos connaissances actuelles de la rhumatologie, si Erasme a réellement souffert de la goutte ou bien s'il était atteint d'une de ses formes apparentées. Le diagnostic de la goutte a été revu depuis, en tenant compte des épidémies qui sévissaient au début du XVIème siècle et à travers une étude critique des documents disponibles : sa correspondance, les représentations picturales, les ossements retrouvés dans son caveau.
      Ceux qui depuis dix ans se sont penchés sur les maladies d'Érasme ont évoqué la possibilité d'une spondylarthropatie séronégative, affection caractérisée par un enraidissement progressif de la colonne vertébrale, des gonflements asymétriques prédominant aux grosses articulations des membres inférieurs dans un contexte d'inflammation, de crampes intestinales et de diarrhée. Souvent, ces symptôme s'accompagnent de manifestations cutanées. Il en ressort que le rhumatisme d'Érasme pourrait ne pas être la goutte mais un rhumatisme post-infectieux à point de départ intestinal ou génito-urinaire. Cette affection qui est attestée depuis la Haute Antiquité ne pouvait être soignée et devenait dès lors très invalidante. Toutefois, les données cliniques proviennent d'Erasme lui-même, qui ne possédait ni l'objectivité ni les connaissances médicales requises pour évaluer correctement l'importance relative des divers symptômes qu'il endurait.
      Dans les portraits connus d'Érasme, de Quentin Metsys, d'Albrecht Dürer et d'Hans Holbein le Jeune, l'iconographie n'offrent que peu d'intérêt du point de vue médical. Metsys lègue à la postérité une image sublimée, celle de l'humaniste idéal, et non pas celle de l'homme. Les portraits de Dürer n'ont pas été effectués de visu d'après modèle mais furent réalisés en atelier à partir d'une esquisse faite à Bruxelles en 1520. Quant à Holbein, qui a exécuté une esquisse des mains d'Érasme, il n'a jamais achevé son croquis, nous privant d'un indice de diagnostic potentiel. Le gonflement des articulations métacarpiennes est donc un pur produit d'interprétation du lecteur moderne. Du côté des restes osseux, il n'y a pas non plus de signes cliniques d'une maladie articulaire autres que ceux présents habituellement chez un homme de 70 ans, vaincu par de trop longs séjours à cheval et par de mauvaises conditions de vie et d'hygiène.
  8. Sur les dangers d'un diagnostic a posteriori
      L'examen de documents écrits ou de tableaux renseigne parfois l'historien sur l'ancienneté de certaines maladies, en particulier les affections rhumatismales ou les dermatoses dont les symptômes sont clairement apparents. Cette lecture ne peut être envisagée sans une solide étude critique, car l'artiste est seul maître de son oeuvre et la charge morbide est parfois volontairement signifiante sans pour autant reposer sur une réalité médicale objective. On touche aussi ici au problème posé par la chronologie. Si l'on prend le cas d'Érasme de Rotterdam, son image est célèbre et mainte fois reproduite, parfois plusieurs siècles après sa mort. S'inspirant d'une image d'époque, les artistes sont susceptibles de réinterpréter les signes cliniques et d'affecter Erasme de maladies qu'il n'a jamais eues, voire qui n’existaient pas en son temps. L'oeil de l'artiste n'est pas celui du médecin. Son message est largement métaphorique et ne traduit qu'une certaine idée de la réalité ; ils l'idéalisent et en lissent les contours ou, au contraire, l'exacerbent et touchent alors à la caricature.
      Fort de toutes ces précautions, l'examen des oeuvres et de la littérature des temps passés permet néanmoins de réévaluer l'ancienneté de certaines maladies comme l'artérite temporale, le rhumatisme articulaire, la poliomyélite. ou encore d'affections que l'on ne croyait pas antérieures au XIXe siècle1.

Christine Bluard
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L'art de jouir des légumes : Liziqi

Messagede Sophocle » Sam 3 Aoû 2019 19:11

Sur sa page de présentation, Liziqi a écrit:
    Il y a des fleurs qu'on n'aperçoit pas au printemps.
    Et, en été, il y a des fruits sans fin !
    Je cuisine beaucoup de sauces, suffisamment pour un bon moment !
    Levez-vous le matin et cueillez donc ces légumes, cueillez ces fruits et ces fleurs pour toute une journée !
    Ensuite, prenez un petit déjeuner bien copieux.
    1, Un jour, 2, deux personnes, 3, trois repas, et 4 : quatre saisons.
    (traduction en ligne dont le contenu a été un peu corrigé par mes soins)

Texte original :
    春天有看不完的花,
    夏天有吃不完的水果!
    做了好多好多酱,够吃一阵子了!
    早上起床,摘够吃一天的蔬菜瓜果和花儿!
    做一顿丰盛的早餐。
    一日、两人、三餐、四季…


Voici le petit texte de présentation de la chaine Youtube d'une chinoise dont l'émotion de chaque vidéo me transperce de part en part : Liziqi. :love: :love: :love:
Cette chaine parle de légumes sans qu'aucun discours ne soit déclamé.
Les images parlent par elles-mêmes.
J'évoque certes souvent le bienfait des légumes mais c'est avec beaucoup + de chaleur que Liziqi sait mieux en parler que moi.
Je suis épaté par la profondeur de son message : Liziqi est la Shakespeare des légumes...

À propos de leur manque de démocratie, on critique souvent les chinois.
Mais quand je vois de telles vidéos, on voit bien que les sens de choses n'est vraiment pas réservé aux occidentaux !
Avec un tel discours en filigrane, l'extrême-orient et sa médecine me plaisent par avance. [img]smile/balloon.gif[/img] [img]smile/balloon.gif[/img] [img]smile/balloon.gif[/img]


Illustration littéraire

Dans Richard II (Trad. VF HUGO), Shakespeare a écrit:LA REINE : Rapide calamité dont la marche est si prompte,
n’est-ce pas moi que concerne ton message,
et je suis la dernière à le connaître ! Oh ! tu entends
me prévenir la dernière, pour que, plus tard que tous, je garde
la souffrance dans mon cœur… Venez, mesdames, allons
trouver à Londres l’infortuné roi de Londres.
Ah ! étais-je née pour ceci ! pour que ma tristesse
parât le triomphe du grand Bolingbroke !
Jardinier, pour m’avoir annoncé cette nouvelle de malheur,
je voudrais que les plantes que tu greffes ne fleurissent jamais. - Sortent la reine et ses dames.
LE JARDINIER : Pauvre reine ! si cela pouvait empêcher ton malheur,
je voudrais que mon art fût sous le coup de ta malédiction !
Ici elle a laissé tomber une larme ; ici, à cette place,
je sèmerai la rue, cette âcre herbe de grâce :
la rue, emblème de tristesse, apparaîtra ici bientôt,
en souvenir d’une reine éplorée.


Le jeu des pronoms est aussi raffiné que celui de l'incipit de Madame Bovary.
Un jour, je prendrai le temps de commenter ce passage.
Cependant, j'ai tellement de choses à dire sur cette tirade que je renonce à m’exprimer par avance.
Shakespeare a déjà tout dit en allégorie, et... comment puis-je me permettre de commenter le maître ?
Mais, par ses vidéos, Liziqi illustre bien mieux ce que je n'ai pas encore réussi à exprimer par une rédaction.
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Sophocle

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A) Rapport ANSES à propos de l'E.H.S. : mes notes

Messagede Sophocle » Dim 11 Aoû 2019 14:00


Avant d'exprimer mes commentaires sur le rapport de l'ANSES sur l'électro-sensibilité (mars 2018), voici mes notes du document principal.
Ces notes ne sont pas un résumé du rapport, je n'ai prélevé que les passages qui m'ont intéressé de façon large.
Mes notes portent donc un peu au-delà du thème des ml et mes commentaires à venir ne porteront pas nécessairement sur l'ensemble de ces notes.
Ce rapport comporte également deux annexes que je présente succinctement en fin de post mais auxquelles je n'ai pas pris de notes.


    Dans son rapport d'expertise collective, l'ANSES a écrit:les passages en italiques sont des copiés-collés du document.
    • Page 57, 3.1.4.1 La découverte d’une cause a posteriori : l’E.H.S. comme « point d’arrivée »
        Si nous avons évoqué plus haut le contraste entre un « avant » et un « après » l’E.H.S., cette rupture n’est cependant pas toujours nette selon les personnes. Beaucoup d’entre elles ne se déclarent E.H.S. qu’après un long parcours de problèmes de santé inexpliqués et dont la prise en charge médicale n’a pas été jugée efficace. La découverte d’une possible intolérance aux champs électromagnétiques est alors l’aboutissement d’un long cheminement, marqué par de nombreuses consultations médicales, des traitements inefficaces, et un questionnement permanent sur les causes énigmatiques des symptômes présentés par la personne malade (cf. liste de symptômes évoqués dans le Tableau 3).
        Dans ce type de situation, la découverte de l’E.H.S. n’est donc pas immédiate, ni évidente. Elle est le fruit d’un travail de déduction, de recoupements d’indices, d’expériences personnelles accumulées. Elle résulte également de recherches et de lectures diverses sur le sujet qui fournissent d’abord une piste considérée comme plausible par les personnes, et qui finissent par emporter leur conviction sur le lien de causalité. Les différentes affaires évoquées dans la presse au sujet des antennes sont souvent l’occasion de prendre connaissance de l’E.H.S., de découvrir l’existence d’associations de personnes se déclarant E.H.S. et la littérature produite sur le sujet. Se reconnaître comme E.H.S. apparaît alors parfois, dans certains témoignages, comme un soulagement. C’est une sorte de point d’arrivée. Ce diagnostic ne fait certes pas disparaître les symptômes, mais d’une certaine manière, il peut mettre fin à une incertitude parfois devenue insupportable.

    • Page 65 : Belpomme et von Kliting ont refusé de répondre aux questions et d'être auditionnés.
    • Page 67 : une progression des symptômes dans le temps.
    • Page 73 : Enfin, les études récentes portant sur la période 2008-2013 semblent indiquer que le pourcentage de personnes se déclarant E.H.S. s’est stabilisé autour d’une valeur médiane de l’ordre de 5 %.
    • Page 73 : 3.6.1 Modalités d’installation de l’E.H.S.
        À l’issue de l’analyse du corpus de lettres de personnes se déclarant E.H.S., Y. Barthe a décrit deux modalités d’installation de l’E.H.S. (cf. § 3.1.4) :
        1) la découverte d’une cause a posteriori : l’E.H.S. comme « point d’arrivée » ;
        2) l’E.H.S. comme « point de départ ».
        La première de ces deux modalités, l’installation progressive de l’E.H.S., est soutenue par Dieudonné (2016) (cf. analyse de l’article au § 6.1.1.1). L’auteur a réalisé une analyse subjective (pas d’analyse phénoménologique, pas de questionnaire, il s’agit d’un traitement empirique) de 40 enregistrements de personnes se déclarant E.H.S. (n = 40, 11 hommes, moyenne d’âge = 51 ± 11 ans) ayant adapté leur mode de vie en conséquence (par exemple en ayant supprimé les appareils électriques dans leur logement). Les participants à l’étude ont été recrutés à l’aide d’avis publiés en France dans des groupes d’entraide en matière d’E.H.S. et dans d’autres réseaux concernés par les champs électromagnétiques. Les entretiens ont été effectués en des lieux choisis par les participants, à l’aide d’une méthode qualitative standardisée. L’auteur décrit une trajectoire cognitive spécifique et cohérente d’après lui, car elle se retrouve chez tous les participants :
          (1) apparition des maux,
          (2) pas d’explication ni de solution (médicales),
          (3) découverte de l’E.H.S.,
          (4) collecte d’informations au sujet de l’E.H.S.,
          (5) apparition implicite de la conviction,
          (6) expérimentations (réalisation de petites expériences sur soi),
          (7) l’E.H.S. propre au sujet est acceptée.
        D’après lui, il y a un travail de mise en cohérence de l’expérience qui caractérise l’E.H.S. Ainsi, l'évidence des liens entre les symptômes et l'environnement électromagnétique serait construite a posteriori (avec un temps de latence parfois très long), l’apparition des symptômes précèderait le lien fait par la personne d’une relation de cause à effet. D’après l’auteur, le fait que l'association entre les symptômes et l'environnement électromagnétique soit établie rétrospectivement indique que l’effet nocebo (cf. définition au § 7.7) ne constitue pas une explication satisfaisante. De plus, il considère qu’il est difficile de caractériser la symptomatologie des personnes se déclarant E.H.S., car d'après les déclarations faites à l'auteur, ce ne sont pas les propriétés des rayonnements qui déterminent l’apparition de certains symptômes. Comme il a été dit souvent à la personne qui faisait passer les entretiens « il y a autant de types de sensibilités que de personnes se déclarant E.H.S. » (Dieudonné 2016). De Graaff et Bröer (2012) ont réalisé une enquête qualitative aux Pays-Bas en 2008-2009 sur 18 personnes se déclarant E.H.S. Ils ont également conclu que l’auto-diagnostic de l’E.H.S. était un point d’arrivée, après un long parcours médical (de Graaff and Bröer 2012). Hagström et al. (2013) ont décrit une phase aigüe de l'E.H.S. au cours de laquelle les patients ont rapporté une augmentation du nombre de symptômes par rapport à la période antérieure. En fait, cette notion de phase aiguë a été introduite par les auteurs eux-mêmes dans le questionnaire adressé aux patients, pour tenir compte des pratiques de groupes d'aide, et, bien qu'ils aient interrogé les personnes sur les symptômes « persistant actuellement », ils ne disent rien sur ce qui permettrait de distinguer cette phase d’une phase chronique. L’analyse complète de l’article est faite au § 6.1.1.1.
        Cette notion de phase aigüe de l’E.H.S. qui, certes, est en accord avec plusieurs témoignages de personnes se déclarant E.H.S., demande à être mieux caractérisée.
    • Page 90 : 4.1.2 Les consultations médicales pour patients attribuant leurs troubles aux champs électromagnétiques
        Les personnes se déclarant E.H.S. recherchent, comme tous les patients, une prise en charge adaptée de la part des professionnels de santé et, notamment, une écoute, de l’empathie et de la compassion.
        D’après les témoignages rapportés au cours des auditions de médecins (voir liste dans le Tableau 1), la confrontation du médecin avec les patients souffrant de maladies que l’on peut regrouper sous le terme « médicalement inexpliquées » (syndrome fonctionnel sans physiopathologie communément acquise) est déroutante pour le soignant, et bien éloignée de sa formation. C’est le cas de la fibromyalgie pour le rhumatologue, du syndrome du côlon irritable pour le gastroentérologue, des acouphènes pour l'oto-rhino-laryngologiste, de la pelade décalvante totale pour le dermatologue, du syndrome de fatigue chronique pour l'interniste, du syndrome d'hyperventilation ou spasmophilie et des douleurs thoraciques non cardiaques pour les pneumologues et les cardiologues, des céphalées pour le neurologue, etc.
        « La difficulté de l’E.H.S., c’est qu’on a des gens qui arrivent déjà avec un diagnostic et les médecins sont dépourvus de moyens. D’habitude, les malades arrivent avec des symptômes, on leur fait des examens et on leur fait un diagnostic. Là, on ne sait pas quel examen faire pour confirmer le diagnostic. C’est déroutant ». Emilie Comte (médecin), 28.02.2014, Lyon (voir rapport (Ouillon 2014)).
        Dans cette configuration particulière, où le patient arrive le plus souvent avec son propre diagnostic déjà établi (ou « auto-diagnostic ») et n’attend qu’une confirmation du professionnel, le modèle fonctionnaliste de la relation médecin-malade se trouve modifié. Parallèlement, le médecin, qui a souvent un manque d’expérience et d’information sur le sujet, ne peut exclure ou affirmer le lien avec certitude (Berg-Beckhoff et al. 2010a) [voir aussi l’audition de Pr Cathébras].
    • Page 91 : 4.1.2.1 Les consultations des services de pathologie professionnelle et environnementale
        L’idée de permettre aux personnes se déclarant E.H.S. de consulter les centres de consultation de pathologies professionnelles et environnementales (CCPP) s’est concrétisée à la suite du Grenelle des ondes (2009) (voir § 4.2).
        Le groupe de travail a auditionné deux des médecins qui, dans le cadre des consultations des CCPP, sont connus pour prendre en charge des personnes se déclarant E.H.S. et / ou sensibles aux odeurs chimiques [auditions des Drs Dupas et Choucroun]. Ces auditions sont des témoignages de praticiens, sans exposé de données scientifiques. Un certain nombre d’hypothèses concernant l’origine de l’E.H.S. ont été discutées (voir § 7). Par exemple, le Dr Choucroun a soulevé la question de la composante infectieuse et des pathologies dentaires (sensibilité aux amalgames dentaires, etc.) qui pourraient jouer un rôle dans l’E.H.S. [voir audition Dr Choucroun].
    • Page 92 : 4.1.3 L’Académie nationale de médecine
        L’Académie nationale de médecine, par la voix de son président, a exprimé à deux reprises (en 2012 et 2014) sa position sur les effets sanitaires des radiofréquences. Dans chacune de ses communications81 et dans une « information », l’Académie mentionne que le seul effet biophysique avéré des radiofréquences est un effet thermique et qu’« aucun système sensoriel humain permettant de percevoir de tels champs dans cette gamme de fréquence et de puissance [émises par les antennes-relais] n’a été identifié » 82.
        S’agissant de l’hypersensibilité aux champs électromagnétiques, l’Académie nationale de médecine reconnaît les souffrances des personnes se déclarant E.H.S., mais, se fondant notamment sur l’absence de lien de causalité avéré, elle a constamment réfuté toute relation entre l’électrohypersensibilité et une exposition aux champs électromagnétiques.
    • Page 200 : 7.1.2 Étude du stress oxydant chez les personnes se déclarant E.H.S.
        Le stress oxydant est une agression des molécules intra- ou extra-cellulaires, liée à la production d’espèces radicalaires autrement nommées radicaux libres166. Il existe de nombreuses pathologies associées à un stress oxydant chronique. L’hypothèse d’une relation entre l’exposition aux radiofréquences ou aux extrêmement basses fréquences et le déclenchement d’un stress oxydant est souvent avancée dans la littérature, qu’elle soit scientifique ou non. Cette hypothèse a justifié la réalisation d’un essai clinique thérapeutique à base d’anti-oxydants (vitamine C et E, sélénium) chez 16 personnes se déclarant E.H.S., mais les résultats n’ont pas mis en évidence d’effet bénéfique (Hillert et al. 2001). Très récemment, cette hypothèse a été à nouveau privilégiée par Pall, via la publication d’une série de revues de synthèse (Pall 2013, 2014). Ce chercheur s’est appuyé sur certaines publications pour postuler que l’évènement déclencheur de l’E.H.S. serait dû au fait que les champs électromagnétiques seraient capables de modifier la conformation des canaux ioniques voltagedépendants. Cette hypothèse de départ se base principalement sur des travaux de modélisation (Panagopoulos et al. 2000) :
        1. l’ouverture de ces canaux induirait une entrée d’ions calcium dans la cellule, ce qui activerait la synthèse de Monoxyde d’azote (NO) (hypothèse étayée par les travaux de (Pilla 2012)) ;
        2. la production de NO provoquerait l’apparition d’ions ONOO- (peroxynitrite), ce qui conduirait à la production de radicaux libres induisant un stress oxydant dans les cellules. L’ouverture de ces canaux ioniques voltage-dépendants a plusieurs conséquences ou effets, car ces protéines sont impliquées dans de nombreuses fonctions physiologiques. De plus, le cycle NO/ONOO- est au centre de plusieurs phénomènes : stress oxydant chronique, capacité réduite pour détoxifier, phénomènes auto-immuns et pro-inflammatoires chroniques, qui pourraient être impliqués dans certaines pathologies fonctionnelles. Ainsi, Pall pense que l’E.H.S. pourrait être expliquée par ce mécanisme d’action, même s’il reconnaît167 que, pour l’instant, aucune donnée scientifique ne permet d’étayer cette hypothèse.
    • Page 202 : Étude des concentrations en métaux lourds et autres polluants chez les personnes se déclarant E.H.S.
        Hypothèse 6 pour expliquer tout ou partie de la survenue de l’E.H.S. : une intoxication chimique (métaux lourds, etc.) ?
        L’hypothèse selon laquelle la survenue de l’E.H.S. serait liée à une intoxication aux métaux lourds (éventuellement liée à la problématique des amalgames dentaires) ou à une capacité de détoxification réduite a été évoquée lors des auditions des associations Électrosensibles de France / Priartem et Zone blanche, ainsi que dans le courrier de Générations futures.
        ...
        7.1.3.2 Analyse des articles chez des personnes se déclarant E.H.S.
        - Intoxication aux métaux lourds
        Il existe peu d’études scientifiques sur le lien qui pourrait exister entre l’état d’une personne se déclarant E.H.S. et la présence d’éléments-traces métalliques (ETM)169 dans l’organisme. Une seule étude observationnelle s’est intéressée aux différences de concentrations en métaux lourds (cadmium, mercure et plomb) dans le sang entre une population se déclarant E.H.S. et la population générale (Ghezel-Ahmadi et al. 2010a) (cf. analyse détaillée au § 6.1.3). Les résultats n’ont pas montré de différence significative pour le plomb et le mercure entre les deux populations.
        ...
        En réponse à ces critiques, Ghezel-Ahmadi et al. (2010b) ont souligné que leur étude était la première à mesurer les concentrations de métaux lourds chez les personnes se déclarant E.H.S. « Nous tenons à remercier le Dr Costa et ses collègues pour la suggestion de considérer les interactions du système immunitaire avec les métaux lourds. En fait, nous avons réalisé une batterie de tests immunologiques chez les patients et ces données sont en cours d'analyse » (Ghezel-Ahmadi 2010b). À la connaissance du groupe de travail de l’Anses, ces résultats n’ont toujours pas été publiés au moment de la finalisation du présent rapport. Le résultat principal de cette étude concerne les concentrations de plomb, mercure et cadmium mesurées dans le sang, qui n’étaient pas significativement plus élevées chez les personnes se déclarant E.H.S. que chez les témoins.
        ...
        7.1.3.3 Conclusion
        Il n’existe actuellement aucune étude scientifique sur les concentrations tissulaires des métaux lourds et leur élimination urinaire chez les personnes se déclarant E.H.S. Les résultats de la seule étude analysée sur les concentrations sanguines en métaux lourds (Ghezel-Ahmadi et al., 2010a) ne sont pas suffisants pour conclure à une association (ou pas) entre une intoxication aux métaux lourds et la survenue de l’E.H.S.
        La réponse critique de Costa et al. (2010), ainsi que d’autres travaux comme ceux de Gardner et al. (2009), Miller et al. (1997) et (Johansson 2009) ouvrent de nouvelles pistes de recherche en proposant une orientation des études sur l’immunotoxicité des métaux lourds. L’étude de Hardell et al. (2008) soulève une autre hypothèse sur la relation qui pourrait exister entre l’exposition aux polluants organiques et la survenue de l’E.H.S., qui mériterait d’être investiguée.
    • Page 214 : 7.5.1 La barrière hémato-encéphalique (BHE)
        ...
        L’intégrité de cette barrière dépend en particulier de la température ; en effet, une augmentation de la température cérébrale de 1°C chez l’animal induit des altérations réversibles de la BHE, pointant l’importance du contrôle strict de celle-ci dans les études expérimentales visant à étudier les effets non thermiques des radiofréquences.
    • Page 225 : Métabolisme et débit sanguin cérébral
        En conclusion, les données actuelles (une seule étude) ne permettent pas de statuer quant à un quelconque dysfonctionnement du métabolisme ou du débit sanguin cérébral chez les personnes se déclarant E.H.S.
    • Page 234 et 240 : 7.6 Composantes psychiques
        ... En tout état de cause, aussi bien l’analyse des articles ci-dessus que les déclarations des médecins prenant en charge des personnes se déclarant E.H.S. suggèrent que les affections psychiatriques graves ne sont pas plus fréquentes chez ces personnes que dans la population générale.En conclusion, le niveau de preuve est suffisant pour dire que – dans l’E.H.S., comme dans beaucoup d’autres affections – il existe une composante psychique non négligeable. Celle-ci est caractérisée par une anxiété et / ou un état dépressif qui sont plus fréquents et plus intenses que dans les populations témoins, sans que l’on puisse dire actuellement si ces états sont la cause ou la conséquence de l’E.H.S.
    • Pages 241, 248 et 249 : 7.7 Effet nocebo
        Enfin, le fait que des adultes jeunes et sains aient attribué des symptômes et les difficultés rencontrées dans la réalisation d’une tâche de vigilance à une intervention expérimentale préalable (prise d’un comprimé placebo supposé sédatif ou exposition factice à des champs électromagnétiques), suggère que l’effet nocebo potentiellement impliqué dans l’E.H.S. pourrait être un effet indésirable inévitable du fonctionnement cognitivo-affectif, pouvant affecter toute personne, y compris les médecins, et pouvant être facilité par les inquiétudes sanitaires liées à la vie moderne.
        En conclusion, le niveau de preuve est suffisant pour affirmer qu’un effet nocebo notable intervient, chez de nombreuses personnes se déclarant E.H.S., dans le maintien des symptômes ressentis. Comme les autres effets nocebo décrits dans la littérature (cf. § 7.7.1 ci-dessus), cet effet n’est probablement que la conséquence indésirable, mais inévitable, d’un fonctionnement cognitivoaffectif normal. Il n’implique ni l’absence d’effet biologique de l’exposition aux champs électromagnétiques (même si ceux-ci n’ont pas été démontrés jusqu’à présent), ni l’existence de troubles psychiques.
    • Pages 258/259 : Autres données sur les traitements de l’E.H.S.
        Les principaux résultats ont été les suivants :
        • 154 personnes ont essayé plusieurs traitements de leurs symptômes, avec un nombre moyen de traitements de 5,4 par personne ;
        • d’après les personnes se déclarant E.H.S., les meilleurs traitements auraient été les changements diététiques (69,4 %), les suppléments nutritionnels (67,8 %), l’augmentation de l’exercice physique (61,4 %) et les traitements physiques du corps, à savoir le shiatsu (64,3 %), le recours à un rebouteux (63,0 %), la chiropraxie/naprapathie/ostéopathie (48,1 %) et la réflexologie (45,9 %) ;
        • d’après les personnes se déclarant E.H.S., les traitements les moins efficaces auraient été les psychothérapies (2,6 %) et le solarium (0,0 %). Les médicaments conventionnels ont été considérés inutiles (95,8 %) voire néfastes (4,2 %) pour traiter les symptômes de l’E.H.S.(48 patients les ont essayés) ;
        • à la question ouverte, 75,8 % des 119 sujets ont répondu que la réduction ou l’évitement des expositions aux champs électromagnétiques avaient contribué à une récupération partielle ou complète.





  • ANNEXE 1 : Auditions des personnalités extérieures
      Cette annexe est une retranscription du contenu des auditions de docteurs, de personnes politiques et d'associations.
      Le document principal traite le contenu scientifique de ces auditions.
      Cependant, je trouve que ce document est intéressant à lire pour une personne E.H.S. qui veut s'orienter vers un médecin ou une association.
      Avec ces retranscriptions, on sait si un médecin est pro-E.H.S. ou pro-psy.
      La retranscription semble ne pas avoir été caviardée car des médecins un peu trop psy se sont faits souffler dans les bronches par le groupe de recherche (p45/198 de l'annexe 1).
      C'est justement le médecin que j'ai consulté à l'Aphp et son collègue qui se sont fait souffler dans les bronches.
      Je n'avais pas lu ce rapport avant d'aller à l'Aphp.
      Or, le compte-rendu du médecin que j'ai consulté cite ce rapport, je l'ai donc lu.
      Et j'y trouve que ce médecin et son collègue se sont fait souffler dans les bronches. :crazy:
      En tout cas, ce passage veut montrer que le groupe de recherche se veut neutre sur la psy et que les retranscriptions semblent ne pas avoir été trop caviardées.
  • ANNEXE 2 : Réponses aux commentaires recueillis lors de la consultation publique
      Cette annexe est un rapport de ce qu'ont exprimé les personnes consultées.
      Le document principal a été amendé selon les remarques des personnes consultés.
      Les remarques pertinentes ont donc fait l'objet de réponses dans le document principal.

    info intéressante que j'ai lu dans ces documents mais que je ne sais pas retrouver :
    il me semble qu'un intervenant auditionné déclare que le nombre d'électro-sensibles s'élève à mille personnes.





Page internet où est publié ce rapport : https://www.anses.fr/fr/content/hypersensibilité-aux-ondes-électromagnétiques-amplifier-l’effort-de-recherche-et-adapter-la
(y'a peut-être un petit problème informatique d'accent qui fait buguer le lien automatique, pour aller à la page : copier-coller cette adresse dans le navigateur)
ANSES : l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.


AP2011SA0150Ra.pdf
Document principal : Hypersensibilité électromagnétique ou intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs électromagnétiques
- Avis de l’Anses (16p)
- Rapport d’expertise collective (359p)
(en tête de fichier, j'ai ajouté une copie PDF (2p) de la page internet où est disponible ce rapport)
(6.8 Mio) Téléchargé 8 fois

AP2011SA0150Ra-Anx1.pdf
Annexe 1 : AUDITIONS DE PERSONNALITÉS EXTÉRIEURES (198p)
(2.02 Mio) Téléchargé 8 fois

AP2011SA0150Ra-Anx2.pdf
Annexe 2 : Réponses aux commentaires recueillis lors de la consultation publique. (170p)
(2.25 Mio) Téléchargé 8 fois
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Sophocle

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B) Rapport ANSES de l'E.H.S. : Commentaires

Messagede Sophocle » Lun 12 Aoû 2019 00:38


Suite aux notes du rapport de l'ANSES dans le post précédent, voici un petit commentaire.
Ce rapport est un volumineux dossier d'"experts" sur la question de l'électro-sensibilité.
C’est un document qui fait 800p, selon lequel plusieurs dizaines d’intervenants se sont réunis au cours de 29 réunions pleinières pendant quatre ans pour rendre un avis.

L’hypothèse des métaux-lourds est certes évoquée comme cause probable par le groupe de recherche mais la conclusion est suspendue parce que, selon les "experts", il n’y a pas de différence dans les analyses sanguines entre les personnes E.H.S. et les groupes témoins.
Je livre immédiatement l'éternelle remarque déterminante tant rabâchée par le Forum Mélodie :
On est donc en pleine erreur de diagnostique qui fausse les conclusions intermédiaires et finales.
Tout comme des mauvais outils font des mauvais ouvriers, les mauvais diagnostiques font de mauvais experts.
Cependant, je n'exclue pas qu'il est possible que les métaux-lourds ne soient pas les responsables uniques de l’électro-sensibilité.
Il existe peut-être d'autres causes à l'électro-sensibilité qu'il ne faut pas négliger et qui méritent le maintien de ce collège d'experts de façon à éliminer toute autre piste.

En dépit de l’éternel retour du diagnostique foireux des ml par la prise de sang, ce rapport est vraiment intéressant.
La psy, l'effet nocebo, la déroute des médecins, les statistiques, le débit sanguin, sont autant de thèmes qui traversent les E.H.S et qui se retrouvent remis correctement à leur place dans ce rapport officiel.
Un vrai travail scientifique en largeur et en profondeur a été réalisé.
Ce documents semble très favorable à l'égard des électro-sensibles : leur parole est totalement reconnue.
Sans donner de cause à l'E.H.S., les hypothèses psy sont formellement écartées des causes de l'E.H.S.
En dépit qu'elle n'a pas encore été trouvée, la piste biologique est fortement confortée dans le passage sur l'effet nocebo.

Sans préjugés, la littérature scientifique a été épluchée par de nombreux experts.
Dans ce rapport, des experts de tout bord expriment un avis sur les différentes pistes évoquées dans la littérature scientifique.
Un important travail de rapprochement avec les médecins de terrain a également été réalisé.
Les hypothèses de causes évoquées dans la littérature scientifique sont étudiées une par une par le groupe de recherche.
Chaque hypothèse est confrontée à l'ensemble des réflexions du groupe de recherche au regard de l'ensemble de la littérature, des auditions et des consultations.
On a donc un véritable travail très raffiné.
Pour la première fois, je lis enfin un document sur le sujet qui répond à quelque-chose qui s'apparente à une démarche cartésienne.
Il ne faut pas non-plus nier la possibilité que la future conclusion soit secrètement pré-constuite par avance.
À ce rapport, il ne manque plus que le sujet du diagnostique foireux par les ml soit abordé.
Ce thème est sous-entendu mais non tranché.
Pour voir de quel côté le billot va tomber, il faut encre attendre.


Avec la conférence au Collège-de-France par le Professeur Sanchez (voir post : Toxicité des M.L. selon le Collège de France - 1/2 - sources), le phénomène chauffe de nps de ml en nuage est un peu détaillé. Il est donc possible de supposer que l'E.H.S. parviendrait d'un nuage de nano-particules (NPS) de métaux-lourds magnéto-sensibles qui chaufferait en présence de champs magnétiques alternatifs (ou dits oscillants). La congruence des discours entre ce professeur et entre le vécu des E.H.S. est très séduisante - What Else ? [img]smile/twixy.gif[/img]
L'E.H.S. serait un symptôme d'une intoxication trop faible pour que les ml ne déclenchent pas de symptômes propres aux ml (œdème, inflammation).
En présence d'ondes, ce premier symptôme apparaît et puis, en hors ondes, il disparait.
L'état de la personne redevient tout-à-fait normale.
C'est quand l'intoxication devient plus intense que des symptômes permanents apparaîtraient (Céphalées, neurasthénie, ...).
L'E.H.S. est donc peut-être un tout premier symptôme d'une intoxication naissante aux ml.
Cependant, dans ce rapport, il est rapporté des cas de remissions sans qu'une intoxication forte apparaisse.
L'étape de la chélation n'est pas systématique, les traitements naturels (activation des émonctoires) peut être suffisante pour résorber le bourrelet de toxiques et/ou de toxines.
Comme l'ère de l'homme connecté avec les ondes est ressente, on a donc un explosion ressente de ce phénomène.
Cependant, il ne faut pas oublier que dans les années 80, le docteur Maschi traitait déjà des SEP en demandant à ses patients de s'éloigner des équipements électro-ménagers.
On a donc des symptômes progressifs en fonction de la progression de l'étendue des ondes.
Cela me montre encore une fois que des versants de la physiologie sont totalement ignorés par la médecine allopathique.

Le mot de "nuage" est explicitement cité par ce professeur du Collège-de-France.
D'ailleurs, n'est-il pas étonnant que le problème cognitif dû à l'E.H.S. soit appelé "le smog" par les électro-sensibles eux-mêmes ?
L'art d'attribuer des mots par une communauté a-t-il déjà été si pertinent à postériori ?
Si un mot gagne des individus un à un, c'est qu'il y a peut-être un échange de choses vraies.
Je digresse, je digresse, mais avec les métaux lourds, j'ai l'impression de baigner en pleine littérature.

Avec la chauffe des N.P.S. en nuage, on a au moins une forme de phénomène que je veux creuser.
Or, l'hyper-thermie se retrouve deux fois dans le rapport de l'ANSES :
  • Page 92, L'académie nationale de médecine rappelle que l'effet bio-physique des radiofréquences est un effet thermique.
  • Page 214, 1° de température en + suffirait à ouvrir la BHE chez des animaux.

Et, on y retrouve aussi un comportement par nuage :
  • Page 67 : Une progression des symptômes dans le temps,
  • Page 258/259 : Les traitements naturels (sport, shiatsu, ...) semblent efficaces.
Avec ces notes, il semble que le nuage progresse, évolue, se densifie, se dédensifie, ou disparaît comme il apparait.

En creux, il me semble donc que la piste de la sur-chauffe par un nuage de NPS de ml exposé aux champs se retrouve dans ce rapport.
Donc, les experts chauffent, ils sont tout prêt de la résolution.

Qu'il est doux de connaître la résolution d'une énigme que tant de scientifiques s'échinent à élucider avec tant d'ardeur. [img]kator/smiley90.gif[/img] [img]kator/smiley90.gif[/img] [img]kator/smiley90.gif[/img]
J'ai quand-même un sacré doute que l'ANSES ose lever le secret de Polichinel à propos du diagnostique foireux par prise de sang.
Dans la presse, on peut bien voir que les centres anti-poison veillent au grain.
Cependant, à la page 202, on peut lire que le groupe d'experts s'intéresse à une intoxication tissulaire outre le diagnostique négatif du sang.
L'étude ne permet pas de conclure, mais la porte d'une intoxication tissulaire n'est pas fermée par le groupe d'experts...
Affaire à suivre.
Ça fait quand-même quarante ans que le diagnostique foireux par la prise de sang est connu des allemands.
Je demeure donc quand-même sur ma réserve quant à la possibilité de l'ANSES à révéler le pot-aux-roses.
Si les experts qui se penchent sur la question de l'E.H.S. débusquent le secret de polichinelle, les intoxiqués aux ml seront également reconnus.
Cependant, si cela était vrai, il n'est pas impossible que l'ANSES conclura à terme que les champs magnétiques chauffent à eux-seuls la B.H.E. :ouin: :ouin: :ouin:

Cependant, les choses se présentent de façon à ce que le billot puisse tomber d’un côté ou de l’autre.
La question de ce diagnostique est très épineuse.
Sans une volonté politique arbitraire, ce n’est pas une affaire qui se résout aisément.
Il me semble que l’Anses tâte peut-être le terrain en douceur pour laisser venir des initiatives soft de façon à éviter des guerres de tranchées ultérieures.
Avec ce rapport, les faux-négatifs du test sanguin sont placés indirectement sur la table.
La chose est présentée de façon à éviter de mettre les pieds dans le plat : il s’agirait d’une intox tissulaire et non sanguine.
Cela peut peut-être convenir aux centres anti-poison.
Les centres anti-poisons sont d'habitude assez récalcitrants...
This is the money time, wait and see.
Pour permettre la reconnaissance, on fera volontiers croire que les centres anti-poison ont toujours été de réels alliés de la partie.
N’est-ce pas ainsi que politiquement les choses s’arrangent ?
C’est malheureux, mais si on donne une porte de sortie honorable aux personnes qui bloquent, peut-être qu’elles vont laisser faire la marche des choses vers la résolution.
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Cahier de notes manuscrites.

Messagede Sophocle » Mar 13 Aoû 2019 14:07

Voici, en annexes, une copie de mes notes manuscrites de cours portant sur la santé.
L'ensemble de mes notes sur la santé est un peu dispersé dans plusieurs cahiers.
Mais ce cahier est une revue de l'ensemble de mes notes.
J'ai commencé mes recherches en 2014, puis je suis tombé sur le merveilleux Forum Mélodie en 2016.
Avec le forum, j'ai donc eu l'idée de dresser mon topic de guérison en parallèle de mes recherches manuscrites.

De nombreuses pages composent ce cahier, mais les pages vierges pour de nouvelles notes commencent à se faire rares. :ouin:
Ce cahier arrive donc à sa fin, et il m'a accompagné pendant ce long voyage tout autant que le forum...


cahier partie 1-3.pdf
(6.02 Mio) Téléchargé 11 fois

cahier partie 2-3.pdf
(7.89 Mio) Téléchargé 11 fois

cahier partie 3-3.pdf
(7.29 Mio) Téléchargé 11 fois
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Re: La Détox ultime par la naturopathie et par la littératur

Messagede un_ptit_gars » Mer 14 Aoû 2019 17:43

Merci de partager tjrs avec nous tes découvertes et recoupements Sophocle!
On peut dire que ton ton post ressemble plus a une thèse sur la détox qu'a un simple post maintenant, mais c'est chouette :D
En tout cas tu fais parti des personnes qui font des liens, sans cesse, et qui cherchent tjrs a comprendre la cause de la cause, de la cause...et c'est un comportement que je connais bien, car je suis cablé pareil :D

Bravo donc pour tout ce travail de recherche et recoupement, chapeau bas!

A+

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Re: La Détox ultime par la naturopathie et par la littératur

Messagede Catpower » Jeu 15 Aoû 2019 21:28

oui merci pour ce généreux partage.
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Re: La Détox ultime par la naturopathie et par la littératur

Messagede Sophocle » Ven 16 Aoû 2019 10:53


Merci Catpower et Pti-Gars pour vos remerciements. :jap:
Aussi anonymes soient-elles, je n'aurai jamais eu le courage de les écrire si mes narrations n'étaient pas un peu publiées et un peu lues.
L'écriture m'a profondément aidé a garder un cap, un projet.
Les lecteurs m'ont donc bien aidé, merci. [img]kator/smiley193.gif[/img]

Recevoir des compliments du grand chef à plumes, ça fait : [img]kator/smiley246.gif[/img]
J'ai les chevilles, déjà en sur-pression par l'œdème, qui enflent.

Mon topic ressemble en effet à une mini-thèse.
De façon rampante, le topic a dérapé en douceur ainsi en se métamorphosant et en se consolidant. [img]smile/baer.gif[/img]
Tout ça pour découvrir que le corps est fait d'eau et d'huile...
Merci, Pti-Gars, d'avoir permis que cela se fasse. [img]kator/smiley222.gif[/img]
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Re: La Détox ultime par la naturopathie et par la littératur

Messagede un_ptit_gars » Ven 16 Aoû 2019 15:55

Mais avec grand plaisir... :)
Je sais bien a quel point ça peut etre important de mettre "sur le papier" tout ce que l'on a dans la tete, tout les recoupements que l'on peu faire, et les noeuds que l'on arrive a découdre dans ce sacré puzzle...ça demande immensément de boulot et de travail, ça je le sais bien...mais c'est une joie de pouvoir ensuite le partager, chacun a son niveau, vers les autres...
En ce sens je ne peux que te féliciter encore de ta présence sur Melodie, des réfléxions et recoupement que tu partage généreusement, alors meme que le forum est au ralenti depuis un bon moment :sleep: (faute de plus de bonne volontés pour y contribuer quotidiennement)...heureusement qu'il y a quelque irréductibles (Gaulois? :D ) tjrs présent pour apporter un peu de fraicheur [img]images/icones/icon15.gif[/img]

Alors encore merci, et au plaisir de te lire a nouveau par la suite :)

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Re: La Détox ultime par la naturopathie et par la littératur

Messagede Sophocle » Sam 17 Aoû 2019 11:42

C'est quoi ces suppositions en creux que j'arrêterai le topic ? :no:
J'ai fait mon trou et j'y reste. [img]kator/smiley31.gif[/img]
ouuuuuuuuu, mais tu ne vas pas te débarrasser de moi comme ça... :p :p :p

Je serai heureux de poursuivre à ce rythme, mais il faut que je ralentisse mes écrits un moment.
Il me reste bien quelques sujets en suspens qui me résistent avec satisfaction car je peux ainsi entretenir cette flamme au long cours.
Évidemment, je continuerai à alimenter à terme ce topic avec mes questionnements et à participer à l'animation du forum.

De toute façon, je me sens ici chez moi à vie...
Sophocle.
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Re: La Détox ultime par la naturopathie et par la littératur

Messagede un_ptit_gars » Mar 20 Aoû 2019 07:38

Sophocle a écrit:C'est quoi ces suppositions en creux que j'arrêterai le topic ? :no:


Ahahaha...mais j'ai jamais sous entendu ça moi!!! :D

:)

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